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  • Journal de COLLAPSOLOGIE___J – X

    « Nous sommes l’espèce qui va disparaître » (anonyme du XXIè siècle)

     

    Premier septembre deux-mille-dix-sept

     

    #Today, je souhaite vous parler du contentieux #carVSbike … dont nous avons actuellement des péripéties multiples en cette rentrée de septembre : voies sur berge à Paris, troll VW au stade, film greenpeace sur le sujet, nombreux témoignages de simples anonymes (ex : « le grand classique, subit par tout cycliste : le doublé - pilé - tourné à droite »)

    Twitté : « lorsqu'un constructeur automobile majeur est réduit à s'attaquer aux cyclistes pour survivre alors le #collapse n'est pas loin »

    Souvenir : « Je me souviens que certains automobilistes ont pour habitude de trouver que les autres ne conduisent pas à leur goût… alors avec les vélos, ils ont de la matière ! »

    Donc, normalement d’ici peu, et pour différentes raisons qui se cumulent (fin du pétrole, embouteillages monstres, baisse des revenus de la classe moyenne, besoin de respirer, joie de la petite reine, liberté chérie Vs état d’urgence), on devrait voir la bagnole s’étioler comme un pied de tomate atteint par le mildiou vin diou !! et fleurir comme jamais les grappes de cyclistes

     

  • 40 minutes pour parler climat

    En complément de l'article ci-dessous,
    lien vers la conférence du festival Faire Hacker à Chartres en octobre 2017

     

    cet article a été mis en ligne le 5 février 2017 sur le blog du club médiapart

    ci-dessous une trame pour présentation à un Conseil Municipal ou un Conseil Syndical sur les questions du climat et des ressources - questions à traiter en priorité dans la décennie 2020-2030. Vous pouvez utiliser cette trame ou nous demander une intervention à l'adresse sykadap@gmail.com

    1)      Point 1 : le climat se dégrade

    regardons cette courbe - De quoi s’agit-il? -  Qu’est ce qui attire notre regard?

     

    température moyenne -20000 +4000 © Pablo Servigne température moyenne -20000 +4000 © Pablo Servigne

    Nous expliquons cette courbe:

     

     Il y a 12 000 ans a débuté la période interglaciaire actuelle, l'Holocène. Elle faisait suite à la dernière ère glaciaire. Durant cette dernière la température moyenne du globe était de 3°C inférieure à la température prise comme référence (moyenne au début de notre ère).

    En dehors d’un refroidissement (de moins de 1°C) qui a eu lieu entre 1450 et 1900 (appelé Petit Âge Glaciaire, et qui a eu des conséquences historiques identifiées – famines, disettes, régions rendues inhabitables – Groenland, Islande, occupées auparavant par les Vikings), le climat a été stable pendant l’Holocène, permettant l’installation et le développement de l’agriculture.

    Depuis 1800 et le début de l’ère industrielle, la concentration en CO2 a augmenté dans l’atmosphère terrestre avec une accélération depuis 1945. Cela coïncide avec une augmentation très rapide de la température moyenne terrestre : +1°C en un siècle de 1900 à 2000, augmentation qui se poursuit et s’accélère (prévision à l’horizon 2100 d’un nouveau +1°C au mieux, voir +4°C si rien n’est fait pour enrayer le processus).

    Le triangle rouge indique le point auquel nous sommes actuellement (2017). La suite de la courbe est celle qui sera suivie si nous ne changeons rien (« business as usual »).

     

    Cette élévation de température est trop rapide, elle contribue (avec d’autres facteurs) à l’extinction massive d’espèces vivantes sur terre (l’espèce humaine est elle-aussi menacée).

    D’autres effets se font sentir par les événements climatiques extrêmes : ils sont plus fréquents, plus forts, durent plus longtemps (sécheresse, inondations, période anticyclonique, tempêtes, canicules).

    2)      En cause : les GES (gaz à effet de serre) : le CO2, le NO2, le CH4 : croissance exponentielle
    Les causes des émissions sont : habitat/équipement 1/4 - Agriculture
    1/4 - Industrie 1/4 - Transport 1/4

    Principalement le CO2 - Les parts (1/4) sont approximativement celles de l’énergie primaire (issue des pétrole-gaz-charbon) utilisée pour chacune de ces grandes catégories

    +beaucoup d’inconnues sur NO2 et sur CH4… (peut contribuer à un emballement du changement et à une sous-estimation des processus en cours)

    3)   nécessité de CHANGER :

    Détail des mesures qu’il est possible de prendre pour limiter la consommation d’énergie primaire (pétrole-gaz-charbon)
    changement radical de notre mode de vie (et la survie de l’humanité en dépend)

    habitat/équipement: Isoler – construire passif – choix et nombre d’équipements

    Agriculture: Permaculture -  restaurer les sols – agriculture biologique – circuits courts – modes d’alimentation

    Industrie: Construire modulaire – simple – réparablerelocaliser – aller vers le renouvelable

    Transport: Transport en commun – vélo – marche – sobriété – choix des modes de vie

    4)      En même temps (et indépendamment) que le processus climatique accéléré est en marche, nous allons vivre une rupture d’approvisionnements :
    - fin de l’énergie facile (pic pétrolier)
    - fin des métaux et ressources faciles (pic des métaux ou « peak all » : Le cuivre, le zinc, l’or et l’uranium figurent parmi les principaux métaux dont les ressources mondiales semblent en voie d’épuisement)
    - fin de la société du pétrole (toute notre société, et en particulier notre mode de production alimentaire…)
    ↘Risque de rupture d’approvisionnement alimentaire (= risque de disette, de famine)

    5)      Nous vivons depuis un siècle l’exponentielle de la population mondiale avec 7,14 Mds en juillet 2016 (pour 1,5 Mds début du XXè siècle)

    overshoot © B Cordier overshoot © B Cordier
    Modèle Meadows © Denis Meadows Modèle Meadows © Denis Meadows


    le premier schéma montre l’évolution de l’écosystème terre avec un dépassement des limites des ressources (sans bruit dans les années 1990), conduisant à un effondrement de l’écosystème (overshoot). Cet effondrement est détaillé dans le deuxième graphique (modèle MEADOWS) avec une conséquence sur un déclin de la population (on n’ira pas vers les 9 Mds prévus par l’ONU en 2050- prévision basée sur les taux de natalité/mortalité sans tenir compte des limites de l’écosystème terre)

     

    Population en 2100 : 3 Milliards ?

     6)      Le mot qui s’impose : « s’adapter »

    - produire de l’alimentation de proximité (méthodes, NIMAculteurs*)
    - modes de vie
    - produire différemment
    - sobriété, solidarité

    s’impose du fait de la problématique climatique et aussi du fait de la problématique ressources et approvisionnements
    faire le choix de s’adapter, c’est choisir de changer de mode de vie: première priorité à la production alimentaire de proximité et à des modes de vie sobres et solidaires
    Sobriété, solidarité, réseau de proximité, production relocalisée, sont les ingrédients de la résilience aux chocs à venir

    (*NIMAculteurs = agriculteurs, Non Issus du Monde Agricole) Les NIMAculteurs sont toutes les personnes qui vont consacrer une part importante de leur temps à la production agricole et qui ne le savent pas encore!

    7)      En s’adaptant on minimise notre impact : effets vertueux en cascade !!
    Nous avons besoin de changements en profondeur = changements politiques
    ↘décroissance de la population
    ↘sortie de l’économie néolibérale et de la finance folle

    Le changement amène des effets bénéfiques qui atténuent l’empreinte écologique

    Choisir de sortir du tout pétrole (plutôt que le subir)
    Choisir  une décroissance de la population (plutôt que la subir)
    Choisir une autre logique économique et financière (plutôt que devoir subir sa remise en cause brutale)
    Choisir un mode de vie qui nous rende heureux: basé sur les relations humaines plutôt que sur les richesses matérielles

    8)      La nouvelle réalité est déjà là, avec des effets hors de contrôle
    ↘information et formation
    ↘apprendre à vivre avec
    ↘mobiliser l’énergie mentale disponible : remplacer le surflux énergétique par un surflux psychique (7,14 Mds de cerveaux !)

    La machine climatique est déjà définitivement détraquée du fait de l’action des hommes ces deux derniers siècles et principalement ces 50 dernières années
    Informer et former les générations jeunes et moins jeunes est une nécessité (pas prévu actuellement par les programmes scolaires ni par des programmes dans le cadre des COP21, COP22)

     Mobiliser les ressources disponibles (ressources matérielles et ressources psychiques) pour changer le monde, pour s’adapter, pour un monde encore vivable

    9)   Point 9 : sykAdap, c’est trois volets d’activités

    Syk pour "malade" (sick)+ "recherche" (to seek)      Adap pour "adaptation"

     

    logo SykAdap © Bernard Cordier logo SykAdap © Bernard Cordier


    - Volet I: Centre de ressources documentaires
    - Volet II: expérimentation locale
    (en particulier: production en permaculture)
    - Volet III: information et formation tous publics sur « la nouvelle réalité »
    (jeunes et adultes)
    association créée en octobre 2016 en Région Centre Val de Loire
    Vous pouvez rejoindre la page Facebook https://www.facebook.com/sykadap1

     

    cet article a été mis en ligne le 5 février 2017 sur le blog du club médiapart

  • Intervention en milieu scolaire sur le changement climatique

    cet article a été mis en ligne le 30 décembre 2016 sur le blog du club médiapart
     

    Ni la COP 21 de décembre 2015 à Paris, ni la COP 22 de novembre 2016 à Marrakech, n’ont prévu un objectif de formation ou d’information des jeunes publics en âge scolaire et plus généralement des populations sur les questions pourtant incontournables de l'avenir de nos conditions de vie… n’y voyons pas un oubli !

     

    Vous avez connaissance du réchauffement climatique, bien sûr !

    Sans doute OUI, mais peut-être pas jusqu’à pouvoir dire ses impacts dans votre région, comment il va modeler la réalité de nos années à venir de façon plus ou moins chaotique et cela dès à présent…

    Ni la COP 21 de décembre 2015 à Paris, ni la COP 22 de novembre 2016 à Marrakech, n’ont prévu un objectif de formation ou d’information des jeunes publics en âge scolaire et plus généralement des populations sur ces questions pourtant incontournables… n’y voyons pas un oubli : prendre la mesure des changements en cours, c’est obligatoirement remettre en cause immédiatement un mode de vie qui menace notre vie elle-même ! Serait-ce que les décideurs ne veulent remettre en cause les modes de vie qu’à la marge et surtout pas en profondeur… !!?  Avec des incohérences qui deviennent de plus en plus choquantes dans la gestion de notre société au quotidien…

     

    A notre niveau local et concret en Région Centre Val de Loire, nous avons créé l’association SykAdap, « Actions en Région autour du climat qui change »*
    - pour ancrer une approche réaliste, à la fois rationnelle et tournée vers l’apprentissage par l’expérimentation de techniques nouvelles
    - pour connaître le cadre dans lequel nous allons vivre, avec les incertitudes liées aux décisions qui sont prises actuellement de façon plus ou moins adaptées
    - pour mettre en œuvre les organisations et les pratiques qui nous aideront à nous adapter à cette nouvelle réalité (comme la « permaculture »).

    Nous vous proposons des interventions en classe pour les niveaux cycle 3 (en école élémentaire), cycle 3 et 4 en collège, et dans les classes de lycée, …

    Lors de ces interventions, nous déconstruisons les représentations associées à la notion de réchauffement climatique pour préciser dans un deuxième temps les grandeurs auxquelles on s’intéresse (température, niveau des mers, espèces vivantes menacées,…), en constatant l’état de notre monde et les évolutions vers lesquelles nous nous dirigeons avec les divers scénarios possibles (qui dépendent des choix de nos modes de vie actuels et futurs).

    Nous abordons aussi la question des ressources non renouvelables de notre planète, bien que celle-ci soit distincte de celle du réchauffement climatique, car les effets de nos modes de vie se font aussi sur ce plan, avec des aggravations qui peuvent se cumuler sur les conditions de nos vies à venir.

    Tout en décrivant une réalité regardée comme inquiétante, nous mettons en œuvre une « réflexion-action » pour commencer dès maintenant à infléchir nos modes de vie en relation avec cette réalité qui vient :
    - pour prendre notre part aux changements qui sont nécessaires,
    - pour se préparer et s’adapter à des nouvelles conditions de vie,
    - pour faire les choix d’une vie qui peut être meilleure par bien des côtés (qui pourront nous faire aimer cette vie nouvelle !)

     Concrètement nous proposons :
    - deux demi-journées (matinées de préférence) de sensibilisation grâce à des approches participatives, ludiques, pratiques, avec des supports adaptés, différenciés suivant les classes concernées.
    - nous intervenons à trois adultes ce qui permet de varier les modes d’animation.

    Nous avons pour objectif de poursuivre le suivi sur la durée en accompagnant la mise en place d’actions locales suite à notre intervention.

    Nous serons attentifs à la réalité locale vécue dans les lieux où nous interviendrons, en rencontrant les élus, les habitants, en prenant leur avis sur les questions que nous abordons. Nous proposerons de programmer une réunion commune avec les élèves et leurs enseignants, les habitants, les élus, pour réaliser une synthèse des approches de chacun et favoriser une écoute et des actions communes.

    Si vous souhaitez connaître nos disponibilités et si vous envisagez de nous demander d’intervenir n’hésitez pas à prendre contact sur ce mail : sykadap@gmail.com

    Merci pour l’accueil que vous faîtes à notre proposition !

     

    Les membres du bureau de l’association Bernard, Laetitia, Laurent

    *objet de l’association : promotion à vocation régionale de changements personnels et communautaires reliés au changement climatique, par la diffusion de techniques et de connaissances, par l'expérimentation locale, et par l'éducation populaire auprès de tous publics.

    cet article a été mis en ligne le 30 décembre 2016 sur le blog du club médiapart

  • UN COUP DE POUCE POUR LE CLIMAT ?

    cet article a été mis en ligne le 22 août 2016 sur le blog du club médiapart
     

    Annuler son bilan carbone en plantant des arbres ? Une bonne idée qui permet d’envisager de ne rien changer au monde d’aujourd’hui, comme si c’était une option envisageable !

    Lorsque 90 entreprises sont responsables de deux tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre et que plus de 300 militants se forment en ce début août pour les suivre sans répit et relever le défi de l’urgence climatique, nouvelle norme internationale Objectif +1,5°C, défini lors de la COP21 à Paris en novembre dernier, il va falloir choisir son camp !

    Au Camp Climat le choix est fait : lieu-dit « Espère » en Lot-et-Garonne, 275 formations approfondies et pratiques concrètes déroulées sur 10 jours intensifs permettent de forger une détermination opérationnelle et de veiller à la réalisation de cet objectif (+1,5°C et pas plus !)

     

    Tout ce qui nous arrive sur la dérive climatique en cours n’arrive qu’une fois! Les citoyens en ont de plus en plus conscience et sont prêts à changer leurs habitudes plus vite que les politiques : il a été inacceptable de voir se tenir à Pau quelques semaines après la COP21 une conférence internationale visant le renforcement des extractions offshore de pétrole et les militants ont cette fois fait reculer les lobbys. Voir les explications dans cette vidéo de 1 min 30 https://www.youtube.com/watch?v=imVFlX302OE .

    De plus en plus et pour le plus grand nombre, on ne peut accepter comme une fatalité l'éreintement de nos sociétés par les paradis fiscaux: on se dirige lundi 9 janvier 2017 à Dax vers un premier procès de ces paradis fiscaux avec d’ici là d’autres actions d'éveil des consciences. Voir les explications dans cette vidéo de 1 min 30 https://www.youtube.com/watch?v=PR7kgm1mwLc

     

    camp climat 2016 © Publication Camp Climat ANV-COP21, Altenatiba, Amis de la Terre camp climat 2016 © Publication Camp Climat ANV-COP21, Altenatiba, Amis de la Terre

     

    Le marché carbone, lui aussi doit aussi être démasqué : ce n’est qu'un artifice pour essayer de perpétuer des habitudes des pollueur sans les remettre en question. Et, outre que le marché carbone est un terrain propice à la prolifération d’entreprises criminelles [Voir dossier de Médiapart La Mafia du CO2] , si certaines initiatives paraissent à première vue excellentes en visant à annuler un bilan carbone en plantant des arbres dans des pays du sud ou en y achetant des forêts pour les protéger, il faut en fait y regarder de plus prêt :

    Créer des plantations "carbone" géantes dans des pays pauvres n’est jamais une bonne idée dans le contexte de spéculation intense sur les terres au niveau mondial (voir la base de donnée à ce sujet http://www.landmatrix.org/en/get-the-idea/global-map-investments/ ), alors que ces pays n’ont déjà pas suffisamment de terre pour tout le monde ! Certaines ethnies installées depuis des temps immémoriaux, mais sans titre de propriété, risquent de se trouver fragilisées si ce n’est d’être tout bonnement expulsées. Cela revient de fait à empiéter sur l’espace écologique des autres, sur leur droits fondamentaux, comme celui de se nourrir. Il s’agit donc au final pour des acteurs masqués, arcboutés sur leurs habitudes de surconsommation, de remplacer la vie des gens par des arbres, en contraignant des agriculteurs de l’autre bout du monde, eux sans impact sur le bilan carbone, à quitter leurs terre ! Nous ne devons pas laisser se commettre de telles injustices, pas laisser se préparer aujourd’hui les crimes de demain ! Lorsqu’une startup comme WeNow nous propose d’annuler l’impact de notre voiture sur le climat, c’est de cela qu’il s’agit ! Le Prix Pinocchio décerné aux entreprises « greenwashisées » qui prétendent être plus vert que vert saura reconnaître leurs mérites (voir l’article sur Pur Projet, entreprise nominée pour ce prix), n'en doutons pas!

     

    cet article a été mis en ligne le 22 août 2016 sur le blog du club médiapart

  • « CANDIDE 2017 » Une question cruciale d’énergie … !

    cet article a été mis en ligne le 25 juillet 2016 sur le blog du club médiapart
     

    OUI à la projection dans le futur partagé par les individus, avènement du foisonnement créatif de la Vie. A défaut, les sociétés se détruisent, les individus deviennent fous, en cohérence avec le second Principe de la thermodynamique... Notre présent politique pour 2017 !

    La thermodynamique enseigne les grands principes physiques universels, parmi eux le deuxième principe :

    Connu sous le nom de principe de Carnot, il établit l'irréversibilité des phénomènes physiques. Il fut énoncé pour la première fois par Sadi Carnot en 1824. Le second principe introduit la fonction d'état « entropie » assimilée à la notion de désordre qui ne peut que croître au cours d'une transformation réelle. L’énergie est dégradée lors de sa valorisation de façon irréversible sous forme de chaleur.

    Mais, revenons à la situation de la civilisation occidentale mondialisée dans laquelle nous nous inscrivons et regardons-là sous le prisme de ce principe physique universel.

    L’énergie est principalement reçue sur notre planète du soleil (s’y adjoint une part infime d’énergie géothermique a pour origine la chaleur dégagée au centre de la Terre). Cette énergie est valorisée par les systèmes vivants qui utilisent l’énergie solaire grâce à la chlorophylle des plantes, des arbres, des algues.

    Durant toute l’histoire de l’humanité, l’énergie dont dispose l’homme est toujours reçue de l’énergie solaire : c’est elle qui lui donne sa force au travers de ses aliments, elle qui nourrit ses animaux de trait qui eux-mêmes démultiplient sa capacité de travail, elle qui alimente ses machines au travers de l’énergie éolienne (l’origine de cette énergie est elle-aussi solaire), de l’énergie hydraulique (le cycle de l’eau trouve son énergie aussi dans le soleil).
    Puis à partir du début du 19è siècle l’homme se met à puiser dans des réserves considérables d’énergie solaire cette fois stockée sous terre (pétrole-gaz-charbon provenant de la transformation géologique et de la conservation de quantités extravagantes de masses végétales produites sur de longues périodes lors d’ères géologiques anciennes, alors que l’atmosphère n’avait pas la composition actuelle). Ce faisant l’homme rencontre des capacités de production qui lui paraissent soudainement illimitées (ces stocks, non renouvelables par nature, même considérables, sont en fait menacés aujourd’hui d’épuisement du fait du rythme frénétique de leur consommation).

    Cette période de modernité a donné lieu à des perversions qui ne sont pas sans lien avec le déferlement de la vague énergétique sur notre monde :
    - l’homme a du s’adapter pour canaliser ce flux permanent de kilowatts : la planification, la spécialisation, la standardisation ont été imposés par les nouvelles cadences et les appétits libérés.
    - les guerres industrielles ont envahi les espaces avec des périodes de répit de plus en plus comptées. L’homme y a connu la condition la plus basse, objet de toutes les tortures, nié dans son humanité.

    L’énergie industrielle libérée à foisons a formaté un homme de plus en plus dépendant, de plus en plus soumis à des schémas imposés qui rognent son temps, son espace, ses libertés. La spécialisation de l’homme, idéologisée comme nécessité économique par nature, est en fait l’obligation contingente de l’accès aux énergies massives.

    L’énergie industrielle devenue exponentielle a aussi, en cohérence avec le principe de Carnot, dégagé un surplus de chaleur que la Terre retient dans son atmosphère. Cela se traduit en un déséquilibre thermodynamique de notre planète qui par sa rapidité et son ampleur, commence à bouleverser la totalité des équilibres physiques et biologiques, et affectent de façon irréversible les formes de vie présentes sur notre planète.

    Ces dernières années et singulièrement ces derniers mois, nous commençons à connaitre des stades nouveaux de ces perversions : l’aliénation au « surflux » énergétique ininterrompu produit un formatage de l’humain de plus en plus simplifié dans ses concepts, dans sa tolérance à la variation, au fur et à mesure de l’accélération des cadences. Et cela se traduit jusque dans le champ politique par l’émergence de « prêt à consommer » dont les ingrédients et les effets secondaires sont mal identifiés. Le second principe amène désormais le chaos jusque dans les urnes (c’est bien lorsqu’il se réclame de l’ordre et de la loi que le politique est le plus pourvoyeur de chaos).

    Concomitamment, la situation de notre environnement planétaire fragilisé réclame une créativité intellectuelle aigüe aux antipodes de ces simplifications dévoyées et corrompues.

    La Vie et sa créativité foisonnante est bien le seul processus qui inverse (momentanément) le cours du second principe : les transformations vivantes construisent l’ordre vivant, en capitalisant de l’information et en valorisant de ce fait au mieux l’énergie consommée (même si, au final, le Principe de Carnot finit par s’appliquer, avec la mort retardée mais inéluctable et le grand chaos qui en résulte que nous cherchons toujours à repousser).

    Lorsque le « surflux » d’énergie conduit à des accélérations de processus qui dépassent largement les capacités d’analyse de l’esprit humain, situation que nous connaissons actuellement avec les traitements automatisés de l’information, il génère la folie des individus qui se traduit en autodestructions (suicide) et en formes nouvelles de barbaries (*). Face au déroulement de ce processus mortifère, la raison humaine, « faculté synthétique de désirer, de connaître, de juger », seule antidote, s’incarne en « pro tensions collectives positives », c’est-à-dire en projections dans le futur partagé des individus.

    Nous en sommes là ! Appelons cette « pro tension collective positive » de nos vœux et conjurons l’abject qui sourd de toutes parts.
    L’échéance de mai 2017 est notre futur partagé : il sera autodestruction de la société où les individus sombrent dans la folie qui les conduit au suicide ou renouveau du désir, de l’action, de la Vie…

     

     

    (*) - idée développée dans le livre de Bernard Stiegler « Dans la disruption comment ne pas devenir fou », Les Liens qui libèrent, 2016, http://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/dans-la-disruption-par-bernard-stiegler

    cet article a été mis en ligne le 25 juillet 2016 sur le blog du club médiapart