Essai écologique

Production écrite. "Les 8 nouvelles d'après la tragédie"

 

  • 2021 sonnet effondriste

    Le sonnet effondriste

    La cinq j’ai déjà,

    La reconnaissance faciale j’ai déjà,

    La sécurité globale j’ai déjà,

    Le glyphosate j’ai déjà,

    Les néonicotinoïdes j’ai déjà,

    La quatre voies Chartres-Dreux j’ai déjà,

    Le vide et la covid j’ai déjà,

    Du coup …
    qu’est-ce que je peux souhaiter pour 2021 ?

    Une petite canicule,

    Un p’tit attentat,

    Une décapitation,

    Une émasculation,

    Une p’tite inondation,

    Une belle tempête,

    Une sècheresse bien sèche,

    Et…
    un p’tit effondrement maman !

    Bernard

  • ESSAI ECOLOGIQUE___8 - Guetter l’instant

    _________ 0 - Introduction

    _________ 1 – les abris le long de la route

    _________ 2 – le luxe ultime

                                                                                      _________ 3 - Emploi de projet

                                                                                      _________ 4 - Petite république anarchiste

                                                                                       _________ 5 - Le jour d’après

                                                                                       _________ 6 - L’argent n’a plus cours

                                                                                       _________ 7 - La nouvelle guerre du feu

    LES 8 NOUVELLES D’APRES LA TRAGEDIE _________ 8 - Guetter l’instant

     

    Des vies passées à guetter l’instant favorable pour faire quelque chose de vital à la survie de l’espèce.

    Je suis au crépuscule de ma vie. J’ai connu la désescalade chaotique de l’ancien monde. Les soubresauts, chaque fois, m’ont laissé meurtri et abîmé.

    Aujourd’hui je sais ce qui m’a maintenu en vie jusqu’à ce moment : faire vivre cette soif, cette attente dirigée vers l’obsession fatale…

    Puis-je servir l’espèce ? Comment dégager le néant ?
    Et je sais que nous sommes nombreux à hisser notre volonté à chaque instant, jusqu’au dernier souffle.

     

    FIN

  • ESSAI ECOLOGIQUE___7 - La nouvelle guerre du feu

                   _________ 0 - Introduction

                   _________ 1 – les abris le long de la route

                      _________ 2 – le luxe ultime

                                                                                      _________ 3 - Emploi de projet

                                                                                      _________ 4 - Petite république anarchiste

                                                                                       _________ 5 - Le jour d’après

                                                                                       _________ 6 - L’argent n’a plus cours

    LES 8 NOUVELLES D’APRES LA TRAGEDIE _________ 7 - La nouvelle guerre du feu

     

    L’amour survit, comme une pépite de braise qui pourrait disparaître et effacer jusqu’à son souvenir.

    Depuis que la haine, la barbarie s’est répandue comme une marée noire, depuis qu’elle a englué les derniers espaces de survie, tandis que la mort rôde et qu’elle est aussi parfois un refuge, les gardiens de la flamme dressent dans les ciels tourmentés leur silhouette amaigrie et impérissable.

    Ils semblent s’avancer nus et sans défense, pourtant leur force est inaltérable et transforme toute la détresse qui les entoure en un élan irrésistible.

    Par delà l’épreuve ultime, ils arriment mètre après mètre, la cordée qui chemine…

     

    SUITE de l'ESSAI ECOLOGIQUE

     

     

  • ESSAI ECOLOGIQUE___6 - L’argent n’a plus cours

                   _________ 0 - Introduction

                   _________ 1 – les abris le long de la route

                      _________ 2 – le luxe ultime

                                                                                      _________ 3 - Emploi de projet

                                                                                      _________ 4 - Petite république anarchiste

                                                                                      _________ 5 - Le jour d’après

                  LES 8 NOUVELLES D’APRES LA TRAGEDIE _________ 6 - L’argent n’a plus cours

    Histoire de celui qui a beaucoup et se sent très démuni parce qu’on ne veut pas lui donner ce dont il a besoin pour de l’argent…

    Il arrive dans la cour de la ferme et s’adresse à moi sans avoir fait les présentations d’usage. Son ton est directif, il lui faut quelques litres de carburant, il a de quoi payer. Il paiera cher, mettra autant de fois le prix qu’on demandera, ça n’est pas un problème pour lui…

    Du carburant, il nous en reste encore, mais nous lui expliquons qu’il est réservé aux usages essentiels, c’est-à-dire vitaux, pour la communauté ; et ici que l’argent n’a plus cours, qu’il ne sert plus à rien, sinon à discréditer à tout jamais celui qui s’y réfère encore. Nous lui faisons passer le message.

    Il se met à bégayer : « mais, vous n’avez pas compris, je peux vous payer beaucoup d’argent… »

    Déjà nous avons repris notre ouvrage…

     

    SUITE de l'ESSAI ECOLOGIQUE

     

     

  • ESSAI ECOLOGIQUE___5 –Le jour d'après

    _________ 0 - Introduction

    _________ 1 – les abris le long de la route

    _________ 2 – le luxe ultime

                                                                              _________ 3 - Emploi de projet

                                                                              _________ 4 - Petite république anarchiste

    LES 8 NOUVELLES D’APRES LA TRAGEDIE       _________ 5 - Le jour d’après

     

    L’épisode caniculaire a été plus long et dévastateur que les précédents.

    Hier, le jour s’est levé avec une petite brise rafraichissante et tout s’est remis à vibrer, timidement d’abord, puis après quelques heures, avec un élan de vie inassouvie depuis de longues semaines.

    Les insectes, les oiseaux et tous les terrestres se mis en quête d’une eau qui n’est plus… les rares trous d’eau, où le liquide épais est encore chaud, font figure de source de vie. Ils vont s’épuiser à ce rythme et qu’en sera-t-il après ?
    Les plantes qui ne sont pas cuites à cœur voudraient repartir mais leurs forces sont affaiblies ; il leur faudrait aussi de l’eau… quelques sous-bois frémissent et palpitent sous leur manteau de litière et de mousse : là tout ne serait pas encore perdu… dans quelques jours, l’éponge se serait remise à l’œuvre.

    Et les hommes valides eux aussi ont repris un rythme actif : ils ont rompu le jeûne ; ils vont enterrer leurs morts et préparer les prochains semis sans tarder…

     

     SUITE de l'ESSAI ECOLOGIQUE

     

  • ESSAI ECOLOGIQUE___4 –Petite république anarchiste

    _________ 0 - Introduction

    _________ 1 – les abris le long de la route

    _________ 2 – le luxe ultime

                                                                              _________ 3 - Emploi de projet

    LES 8 NOUVELLES D’APRES LA TRAGEDIE       _________ 4 - Petite république anarchiste

    C’était une petite république anar loin de tout …

    On s’y trouve pas mal, ça sent le feu de bois dans les cuisines, on y goute quelques haricots lingots de Beauce, fondants, juste à l’eau.
    Pas d’autres bruits que ceux des sabots qui raclent sur le chemin, quand on rentre d’une visite à cet ami qui vit là-bas, dans son campement au creux d’un fourré, à l’orée du bois.
    Déjà plusieurs années que la vie s’est arrêtée, qu’on y entend plus que le bruit des outils à main et des chants d’oiseau. Il fit chaud, il fait froid, il fait sec ou c’est l’inondation, qu’importe, on se coltinera les travaux au fur et à mesure, et ça donnera toujours assez pour passer l’année, pour quelques uns en tout cas.

    On n’y passe pas, ou plutôt on n’y passe plus, sauf quelques égarés… qui viendrait ici où rien se remarque,  et on croit, quand on l’aborde, que la terre pelée y a perdu tous ses habitants depuis longtemps ?

    Mais le groupe des rescapés tient et se maintient contre vents et marées, sans même en avoir émis le souhait ou la règle… simplement, ils tissent au quotidien les fils qui les relient les uns au autres comme un grand corps.

    Les échos du monde se font lointains…

     

     

     

    SUITE de l'ESSAI ECOLOGIQUE

  • ESSAI ECOLOGIQUE___3 –Emploi_de_projet

     

    _________ 0 - Introduction

    _________ 1 – les abris le long de la route

    _________ 2 – le luxe ultime

    LES 8 NOUVELLES D’APRES LA TRAGEDIE _________ 3 - Emploi de projet

     

    Cela fait maintenant plusieurs semaines que je ne vois plus d’issue. Je bute sur un mur noir, je suffoque. Je ne vois même pas d’autre choix possible… alors il va falloir se résigner et accepter de passer cette porte. Renoncer à se battre… abandonner la lutte ?!

    J’avais pensé que je pourrais supporter les privations. Que la débrouille, que les récup de toutes sortes, et aussi ce qu’on peut partager entre tous seraient les cailloux du Poucet sur mon chemin. Et là, aujourd’hui, tout ça c’est fini : il n’y a plus rien à partager ni à glaner. Et rien d’autre en vue, la désolation !

    En être rendu là… A devoir retourner vers le monde des sans-vie. Le cauchemar qu’on redoute tous. La mort à gros goulot, qui suce sang et moelle. Personne de nos proches n’est revenu pour en parler.

    Que reste-t-il ? Se présenter demain matin. À l’heure de l’embauche des quotidiens : ceux qui viennent grossir les effectifs de l’armée des ombres, tous âges, hommes, femmes. On m’attribuera un numéro, une tenue délavée et déjà en partie usée, sans aucune parole. Il faudra enchainer des heures, par dizaines, dans la chaleur, la poussière et les émanations, le bruit strident et la puanteur fétide. Pour pouvoir manger cette nourriture infâme, boire ce liquide trouble et tiède, et être encore en vie quelques jours de plus.

    Ces heures passées, enchainé à une tâche insurmontable et absurde, l’esprit vidé, essoré, les membres tendus, seront sans avenir. Elles ne déboucheront sur rien. Pas de relations, pas la moindre parcelle d’entraide, pas de corps qui se refait, les dernières gouttes de vie qui s’en iront.

    Et pour en finir, le grand sommeil qui nous prend.

     

    SUITE de l'ESSAI ECOLOGIQUE

     

  • ESSAI ECOLOGIQUE___2 – le luxe ultime

                                                                             _________0 - Introduction        

                                                                             _________ 1 – les abris le long de la route

    LES 8 NOUVELLES D’APRES LA TRAGEDIE_________2 – le luxe ultime

     

    L’absurdité du monde d’après, le besoin de laisser sa place à plus battant que soi, s’il existe, tout cela occasionne des pensées et des envies de fuite dans lesquelles la mort est cette issue heureuse et souhaitée ardemment.

    Le luxe reste de ne pas mourir seul(e), de trouver quelqu’un qui accepte de nous aider à faire ce pas, qui nous y accompagne. On imagine préparer ce moment et lui donner des formes variées en fonction des circonstances.

    Le choix d’un cadre bienveillant, d’un lieu familier dans une arche de nature, avec le repos et l’ascèse comme dernier compagnons de route… c’est le fantasme que nourrissent les êtres encore VIVANTS.

    Ils ont laissé tant de personnes proches mortes affamées, emportées faute de soins basiques, d’une agonie sèche et brutale qui amène le chaos du corps sans sépulture, et tous ceux dont ils n’ont plus aucune nouvelle.

    Dès que le temps est favorable, dès que les forces sont restaurées pour le laps de temps éphémère, courte rémission qu’il faut saisir à deux bras sans barguigner… alors on peut se coucher là d’où on ne se relèvera plus, digne et serein, en vivant sa mort, sans se la faire voler, ce fruit mûr plein de saveur.

     

    SUITE de l'ESSAI ECOLOGIQUE

     

  • ESSAI ECOLOGIQUE___1 – les abris le long de la route

     

                                                                             _________0 - Introduction

    LES 8 NOUVELLES D’APRES LA TRAGEDIE________1 – les abris le long de la route

    Les abris sont faits de carcasses de véhicules pour servir de refuges aux gens de passage en cas de phénomènes soudains et violents.

    Les villes mégapoles ont mis sur les routes des routards en exode. Il n’y a plus d’énergie fossile disponible, il n’y a plus rien à manger, les voitures, les véhicules motorisés sont devenus inutiles. La population est décimée.

    Un chapelet de véhicules a été parsemé le long des grandes routes par les habitants valides pour que les pèlerins puissent s’y abriter (sortes de lieux d’accueil). Créativité des installations, liens sociaux entre les quelques personnes rescapées et les quelques qui passent par là.

    Ce qui avait de la valeur marchande quelques semaines avant n’en a plus aucune, tandis que ce qui n’intéressait que quelques « illuminés » (un vélo, un jardin, une source…) devient une ressource sans prix.

    Les rescapés s’organisent en groupes d’une vingtaine (plus ou moins) et mettent tout en commun : un lieu, des moyens de fortune, une entraide vitale.

    Les groupes échangent un peu entre eux, et avec les quelques de passage. Des groupes en limite de survie se mettent aussi en route, laissant des lieux vides et désolés qui ne seront pas réinvestis par d’autres.

    Ceux qui arrivent là sont ceux qui ont une capacité physique hors du commun (aptitude aux privations, endurance…) mais ils risquent d’être arrêtés net dans leur migration par un phénomène climatique violent et soudain (coup de froid polaire, pluie diluvienne, épisode de chaleur violent,…)

    Le climat brutal a imposé de mettre en place un réseau d’abris face aux phénomènes brutaux.

     

    SUITE de l'ESSAI ECOLOGIQUE

     

     

  • ESSAI ECOLOGIQUE___Introduction

    ESSAI ECOLOGIQUE

    Nous sommes l’espèce qui va disparaître (dans cinq ans ? 2022 ?)

     

                L’Homme dans son milieu, il y a deux cent mille ans… chasseur-cueilleur, nomade (migrant), en quelque sorte, animal migrateur.

                Il apprivoise le feu. Il apprivoise le chien, la chèvre…

                Il y a dix mille ans, l’Homme profite de conditions climatiques tempérées (rythmées par les saisons, avec des variations modérées et prévisibles) pour se sédentariser et réaliser de l’agriculture-élevage adaptés à son terroir. Il utilise les matériaux et les sources d’énergies disponibles sur place et renouvelables.

                Depuis deux cents ans, l’Homme occidental utilise les sources d’énergies fossiles qui permettent un développement industriel et technologique de grande ampleur. Durant le XIXe siècle et le début du XXe siècle, les luttes sociales amènent les acquis sociaux qui permettent que les bénéfices du « progrès » soient partagés et que la vie soit plus « facile » grâce en particulier à la généralisation du salariat.

                Depuis cinquante ans, l’augmentation exponentielle de la population humaine et l’accroissement des consommations individuelles conduit à une utilisation telle des énergies fossiles que l’atmosphère se trouve modifiée et le climat déréglé dans des proportions où la vie des espèces se trouve brutalement menacée. La consommation résultante des ressources (elle-aussi exponentielle) amène dans le même temps à une situation de dépassement de la capacité de charge de l’écosystème terre qui imposera très vite un déclin brutal de l’espèce humaine (« effondrement »).

                Depuis quinze ans, « l’Homme prédateur de l’Homme » a pris le pouvoir sur les systèmes sociaux mondialisés, conduisant à une remise en cause du salariat et des acquis sociaux. Tout ce que les savoirs et les organisations des hommes ont développé dans les terroirs, savoirs agricoles, savoirs industriels, savoirs sociaux devient objet de prédation au profit de super-prédateurs sans régulation.

                L’effondrement est imminent, cinq ans est une échéance réaliste voire conservatrice, vue l’accélération des phénomènes que l’esprit humain anticipe mal.

                Quelques mois pourront suffire pour laisser la planète reprendre le cours de son histoire sans les hommes…

     

    SUITE de l'ESSAI ECOLOGIQUE